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Quel régime pour perdre du poids ? Ce que 48 essais randomisés répondent

7 octobre 2026 · 5 min

⚠️ Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas d'urgence, appelez le 15 (SAMU) ou le 3114.

Quel régime pour perdre du poids ? Ce que 48 essais randomisés répondent

Les grandes familles de régimes, des plus pauvres en glucides aux plus pauvres en graisses, s’accompagnent toutes d’une perte de poids, et les écarts entre elles restent minimes. C’est la conclusion d’une méta-analyse en réseau de 48 essais randomisés, portant sur 7 286 participants (Johnston et coll., JAMA, 2014). L’essai DIETFITS est ensuite passé au test direct, avec 609 adultes suivis douze mois : 5,3 kg de perte moyenne sous alimentation pauvre en graisses, 6,0 kg sous alimentation pauvre en glucides, un écart non significatif que ni la génétique ni l’insuline n’expliquent (Gardner et coll., JAMA, 2018).

Ce que la méta-analyse de 48 essais a comparé

Les 48 essais réunis par Johnston et coll. proviennent de 59 publications, puisées dans 6 bases de données, et représentent 7 286 adultes en surpoids ou obèses, un indice de masse corporelle de 25 et plus (Johnston et coll., JAMA, 2014).

Chaque essai gardait son ou ses régimes populaires, sans encadrement spécialisé, face à une autre méthode alimentaire ou à l’absence de régime ; le suivi durait trois mois au minimum, et le poids se relevait à 6 puis à 12 mois (même source).

Un même régime apparaissait rarement dans plusieurs essais, ce qui compliquait toute comparaison directe. La méta-analyse en réseau contourne l’obstacle : elle relie les régimes deux à deux, chaque maillon appuyé sur les essais qui les ont opposés (même source).

Face à l’absence de régime, la perte de poids atteignait 8,73 kg à 6 mois sous alimentation pauvre en glucides, contre 7,99 kg sous alimentation pauvre en graisses ; à 12 mois, les deux familles se rejoignaient autour de 7,3 kg (même source).

Le modèle chiffre aussi l’influence du soutien comportemental, 3,23 kg à 6 mois contre 1,08 kg à 12 mois, et celle de l’exercice, 0,64 kg contre 2,13 kg (même source).

Des écarts minimes entre régimes nommés

Le plus grand écart entre deux régimes nommés atteignait 1,71 kg : à 6 mois, le régime Atkins devançait le régime Zone (Johnston et coll., 2014).

Pour les auteurs, la perte de poids obtenue avec l’une ou l’autre alimentation pauvre en glucides ou en graisses est significative, et les écarts entre régimes nommés restent réduits (même source).

L’essai DIETFITS : deux régimes, douze mois de suivi

DIETFITS a recruté 609 adultes de 18 à 50 ans, sans diabète, dont l’indice de masse corporelle se situait entre 28 et 40. La randomisation a réparti ces volontaires entre une alimentation saine pauvre en graisses et une alimentation saine pauvre en glucides (Gardner et coll., JAMA, 2018). L’essai s’est déroulé sur un site unique, et le recrutement s’est étalé de 2013 à 2015 (même source).

L’accompagnement ne différait pas d’un groupe à l’autre : 22 séances collectives étalées sur douze mois, conduites par des éducateurs, avec un même cap : la version du régime la plus tenable sur la durée (même source).

À 12 mois, la perte de poids moyenne atteignait 5,3 kg dans le groupe pauvre en graisses et 6,0 kg dans le groupe pauvre en glucides. Entre les deux, l’écart de 0,7 kg n’était pas statistiquement significatif (intervalle de confiance à 95 % : -0,2 à 1,6 kg). Les apports réellement atteints différaient bien davantage : 48 % de glucides d’un côté contre 30 %, et 29 % de lipides contre 45 % (même source).

481 participants sur 609, soit 79 %, ont achevé le suivi, et les 18 événements indésirables enregistrés se répartissaient également entre les groupes. Les bilans lipidiques et la pression artérielle se sont améliorés dans les deux groupes ; le cholestérol LDL a augmenté dans le groupe pauvre en glucides (même source).

L’amplitude individuelle dépassait largement l’écart entre les groupes : de 30 kg perdus à 10 kg pris dans chaque groupe, soit une dispersion proche de 40 kg (même source).

Ni les gènes ni l’insuline n’ont départagé les régimes

Restait une piste suivie par des travaux antérieurs : le bon régime dépendrait-il du profil de chacun ? L’essai a testé deux marqueurs, un profil génétique construit sur trois polymorphismes, et le taux d’insuline mesuré trente minutes après une charge en glucose. Au départ, 40 % des participants portaient le profil associé au régime pauvre en graisses, et 30 % celui associé au régime pauvre en glucides (Gardner et coll., 2018).

Aucune interaction n’a été retrouvée entre le régime suivi et le profil génétique (P = 0,20), ni entre le régime et la sécrétion d’insuline (P = 0,47) (même source).

Un travail rétrospectif antérieur avait observé un écart de 6 kg contre 2 kg selon l’appariement des participantes à un génotype. DIETFITS a été conçu pour tester cette hypothèse de façon prospective ; il ne l’a pas confirmée (même source).

Ces deux marqueurs n’ont pas permis d’identifier quel régime convenait à qui, notent les auteurs (même source).

L’adhérence sur la durée

La méta-analyse de 2014 rattache sa recommandation à un critère simple : proposer le régime que le patient parviendra à suivre (Johnston et coll., 2014).

Une seconde méta-analyse, portant sur 27 études, chiffre l’adhérence aux programmes de perte de poids. Le taux moyen s’établit à 60,5 %, et il diminue avec la durée : 69,9 % pour les programmes de moins de 12 mois, 53,0 % pour ceux d’un an et plus (Lemstra et coll., Patient Preference and Adherence, 2016).

Deux leviers améliorent ces taux, d’un facteur 1,65 pour l’encadrement des séances, de 1,29 pour le soutien social (même source).

La durée reste le point sensible après la fin des programmes : une revue de Hall et Kahan rapporte que, dans une méta-analyse de 29 études, plus de la moitié du poids perdu est reprise en deux ans, et plus de 80 % en cinq ans (Hall et Kahan, Medical Clinics of North America, 2018).

Obésité et troubles alimentaires : le suivi professionnel

Les essais décrits ici portaient sur des adultes sans diabète (Gardner et coll., 2018). D’autres situations exigent un suivi médical que ces protocoles n’abordent pas.

L’obésité est classée par l’Organisation mondiale de la Santé comme une maladie chronique et récurrente ; en 2022, 890 millions d’adultes vivaient avec une obésité (OMS, 2025).

Chez une personne vivant avec une obésité, une perte de 5 % à 10 % du poids diminue le risque d’apparition du diabète de type 2 (HAS, 2011).

En France, la Haute Autorité de Santé demande que le surpoids et l’obésité soient pris en charge par le médecin de premier recours, dans un suivi programmé (HAS, 2011). Elle met aussi en garde contre les régimes successifs, dont les fluctuations de poids peuvent être dangereuses pour la santé (même source).

Les troubles du comportement alimentaire, anorexie mentale ou boulimie, relèvent de professionnels de santé formés à ces troubles (Assurance Maladie, 2026).

Rien dans ces résultats ne remplace l’évaluation d’une situation individuelle, qui revient à un professionnel de santé (HAS, 2011 ; OMS, 2025).

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